Assia
Chaudronnière-soudeuse

Assia a 23 ans, de l’énergie à revendre et des idées très claires sur ce qu’elle veut. Elle a dépassé les réserves de sa maman. Elle a refusé d’écouter ceux qui lui ont dit “non” face à son manque d’expérience. Aujourd’hui, elle soude. Demain, elle dirigera.

“Je suis fière de montrer que c’est possible.”
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Assia
Chaudronnière-soudeuse
“Je suis fière de montrer que c’est possible.”

Assia a 23 ans, de l’énergie à revendre et des idées très claires sur ce qu’elle veut. Elle a dépassé les réserves de sa maman. Elle a refusé d’écouter ceux qui lui ont dit “non” face à son manque d’expérience. Aujourd’hui, elle soude. Demain, elle dirigera.

Qui est Assia ?

• Elle a découvert la soudure au collège, elle est devenue chaudronnière-soudeuse à 23 ans.

• Elle travaille chez Flashmetal, un nom qui résume bien le coup de foudre d’Assia pour son métier.

• Elle veut encourager les filles qui peuvent être découragées à suivre leurs envies.

• Elle ne se met pas de limites et ne veut pas que les filles s’en mettent.

Son état d’esprit : “Je veux construire quelque chose. Dans mon métier, comme dans ma vie.”

Te souviens-tu de la première fois où tu as découvert ton futur métier ?

Oui, c’était en classe de 3e, pendant une visite dans un lycée technique. On a fait un peu de soudure et ça m’a plu tout de suite. En rentrant, j’ai dit à ma mère que je voulais faire ça. Elle m’a répondu que ce n’était pas un métier pour les filles. Je n’ai pas abandonné l’idée, elle est restée dans un coin de ma tête.

Tu n’as pas lâché ?

Non. Après un premier CAP, je suis arrivée dans une entreprise qui cherchait des soudeurs. J’ai postulé sans avoir d’expérience, et bien sûr ils m’ont dit “non”. Alors j’ai préparé un CQPM (Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie). Six mois intensifs: soudure, lecture de plans, pratique en atelier. C’est là que tout a commencé.

Et aujourd’hui, tu travailles chez Flashmetal ?

Oui. J’avais déposé mon CV chez eux avant, sans succès. Mais après ma formation, j’y suis retournée. Et cette fois, ils m’ont embauchée. Je suis en CDI depuis décembre. Ce que j’aime, c’est la variété du métier. Nous fabriquons des bornes électriques, des garde-corps, des devantures, des pièces qu’on voit dans la rue. J’adore me promener et me dire :“Ça, c’est moi qui l’ai fait.”

Tu es la seule femme de l’atelier. Comment ça se passe ?

Très bien. J’ai quatre frères, j’ai toujours été entourée d’hommes. Il faut savoir se faire respecter, poser ses limites. Il y a parfois des blagues un peu bêtes mais je sais les recadrer. Et puis mes collègues sont derrière moi, ils m’aident si j’ai un souci. Je n’ai jamais été rabaissée parce que j’étais une fille.

Ressens-tu une différence dans ta manière de travailler ?

Peut-être oui. Mon chef dit que je ramène une touche de féminité dans l’atelier. Un peu de joie aussi. Et puis les filles sont souvent plus minutieuses, et ça, en soudure, c’est précieux. Je suis fière de montrer que c’est possible. Et si je peux motiver d’autres filles à se lancer, tant mieux.

Comment vois-tu ton avenir ?

En grand. Je n’aime pas stagner. Mon objectif, c’est de devenir cheffe, de prendre plus de responsabilités, de gérer une équipe. J’ai encore plein de choses à apprendre, je veux passer d’autres licences. Je veux avancer, gagner en compétences, grimper les échelons.

"J’adore me promener et me dire :'Ça, c’est moi qui l’ai fait.' "

"Je veux avancer, gagner en compétences, grimper les échelons."

Tu voudrais aider d’autres filles à suivre ta voie ?

Oui, bien sûr. J’aimerais former des filles, leur montrer que ce métier est accessible. Et surtout, leur dire qu’elles peuvent y arriver. Ce qui me plaît, c’est de construire quelque chose de concret, d’utile. Dans mon métier, comme dans mon parcours, j’aime aller au bout.

Mais certaines peuvent douter…

Non, elles ne doivent pas hésiter. L’industrie change. Il y a de plus en plus d’outils pour aider, de formations accessibles. Et surtout, il y a des entreprises qui veulent bouger. Elles sont prêtes à accueillir et recruter des femmes. Il faut juste oser franchir la porte. Venez!