Fanny
Directrice Générale

Fanny ne se destinait pas forcément à diriger l’entreprise créée par ses parents. Mais une fois engagée, elle a su la faire évoluer à sa manière avec un leadership naturel.

“ Je recrute une femme pour ses compétences. Pas pour son genre.”
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Fanny
Directrice Générale
“ Je recrute une femme pour ses compétences. Pas pour son genre.”

Fanny ne se destinait pas forcément à diriger l’entreprise créée par ses parents. Mais une fois engagée, elle a su la faire évoluer à sa manière avec un leadership naturel.

Qui est Fanny ?

• Elle est diplômée en finances.
• Elle a intégré l’entreprise familiale pour prêter main forte à ses parents, pensant y rester quelques mois
• Finalement le “temporaire” dure depuis 18 ans.
• Si elle est devenue DG de SMG, elle ne cherche pas à se mettre en avant.
• L’évolution de son entreprise, elle l’envisage avec davantage de femmes sur les postes techniques mais elle déplore l’absence de candidatures féminines.
Son état d’esprit : “Pas besoin de jouer un rôle pour être respectée.”

Rejoindre l’entreprise familiale était-il un projet préparé de longue date ?

Pas au départ. Je suis rentrée dans l’entreprise assez jeune pour aider mes parents à un moment où ils avaient besoin de renfort. Je pensais rester quelques mois… et je ne suis jamais repartie. J’étais tout juste diplômée en finances et je ne connaissais pas le monde de l’industrie. J’ai découvert un univers passionnant et humain. C’est comme ça que tout a commencé.

Au point d’en être devenue la DG ?

Oui, depuis 2018. Ce n’était pas le plan initial, mais c’est devenu un vrai choix. Le groupe Pracartis, qui est composé de plusieurs entreprises familiales comme SMG, m’a fait confiance. Ils m’ont encouragée, m’ont accompagnée, me laissant la liberté de prendre ma place, à ma manière. Bien sûr, ce n’est pas toujours facile, mais c’est la vie que j’ai choisie. Et j’en suis fière.

En quoi consiste le métier de SMG ?

Notre activité historique est le rétrofit de machines-outils. Cela consiste à améliorer, optimiser et remettre en état les moyens de production. Notre seconde activité est la réparation d’électrobroches, il s’agit d’un ensemble mécanique de très haute précision qui permet de réaliser des opérations complexes comme le fraisage, le perçage ou la rectification. Nous intervenons dans des secteurs exigeants tels que l’aéronautique, le spatial, l’automobile.

C’est très technique.

Oui mais je ne suis pas technicienne moi-même. Ce sont les équipes qui ont les connaissances techniques et je suis bien entourée. Quand je présente la société, je ne joue pas un rôle en essayant d’être à un niveau technique que je n’ai pas, je mets plutôt en avant les compétences des équipes.

Votre équipe est majoritairement masculine. Est-ce un souci ?

Franchement, non. Les jeunes générations ne font pas de différence. Ils sont ouverts, bienveillants et demandeurs de diversité. Ça peut encore étonner la génération de mes parents. Mon père, par exemple, continue de me demander si les clients ne sont pas surpris de voir une femme en rendez-vous (sourire).

Votre management est-il différent de celui de vos parents ?

Oui, nécessairement. Ma mère devait s’imposer par l’autorité car elle devait se battre pour faire sa place. C’était une autre époque. Pour ma part, je préfère une autorité discrète mais affirmée. Je suis respectée, je pense, parce que je reste fidèle à moi-même. L’autorité, on peut aussi l’affirmer en restant calme.

"C’est la vie que j’ai choisie. Et j’en suis fière."

"Les jeunes générations ne font pas de différence. Ils sont ouverts, bienveillants et demandeurs de diversité."

Vous évoquez souvent la transmission. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

Parce que c’est notre modèle d’entreprise, notre socle. Nous recrutons souvent en stage ou en alternance et nous prenons le temps de former nos techniciens. Trois ans en moyenne. C’est un vrai investissement, mais c’est ce qui fait notre force et notre singularité. J’aime voir les jeunes évoluer, prendre confiance en eux, progresser.

Et les femmes dans l’atelier ?

On ne reçoit quasiment aucune candidature féminine sur des postes techniques. Pourtant, nous proposons des stages de découverte dès la 3e, nous faisons des forums durant lesquels nous expliquons que tout le monde a sa place. Je vais moi-même dans les écoles. Mais c’est long. Et je refuse d’embaucher une femme à tout prix, juste pour dire qu’on l’a fait. Si Je recrute une femme c’est pour ses compétences. Pas pour son genre.

Ressentez-vous l’obligation d’être un modèle inspirant ?

Si je suis un modèle c’est malgré moi. Sincèrement, je n’ai pas envie d’être juste “la femme dirigeante” que l’on met en avant. Je veux être reconnue pour ce que je fais. Mais si je peux inspirer d’autres femmes en les rassurant sur le fait que ce soit possible de diriger une entreprise dans l’industrie, alors c’est une belle récompense.

Être une femme et diriger une entreprise industrielle n’est donc pas incompatible ?

Apparemment non, puisque je le fais tous les jours ! C’est une vie intense mais enrichissante. L’important, que l’on soit un homme ou une femme, est d’être bien entouré et soutenu au travail comme dans la vie personnelle.

"Si je peux inspirer d’autres femmes ..., alors c’est une belle récompense."