Jihen
Acheteuse spécialiste forge et fonderie

Jihen a tout construit : sa vie, son métier, sa réussite. Avec un courage et une détermination exemplaires. Elle a multiplié les formations tout en élevant ses enfants. Elle n’a jamais baissé les bras. Son parcours a été guidé par une idée simple : il faut compter sur soi, toujours.

“Je me levais avec l’idée que j’y arriverai. Et j’y suis arrivée.”
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Jihen
Acheteuse spécialiste forge et fonderie
“Je me levais avec l’idée que j’y arriverai. Et j’y suis arrivée.”

Jihen a tout construit : sa vie, son métier, sa réussite. Avec un courage et une détermination exemplaires. Elle a multiplié les formations tout en élevant ses enfants. Elle n’a jamais baissé les bras. Son parcours a été guidé par une idée simple : il faut compter sur soi, toujours.

Qui est Jihen ?

• En Tunisie, elle était diplômée en défense aérienne. Arrivée en France à 26 ans, elle a tout repris à zéro.

• D’abord formée à la métrologie, elle a évolué dans la qualité, puis dans les achats techniques.

• Elle a obtenu un diplôme d’ingénieure en mécanique tout en étant une jeune maman.

• Elle a toujours avancé, même quand on lui disait “non”.

• Aujourd’hui, chez Wabtec, elle travaille comme acheteuse spécialiste.

Son état d’esprit : “Si je m’étais arrêtée au premier commentaire, je n’aurais pas fait ce que j’ai fait.”

En arrivant en France, vous aviez l’envie de travailler dans l’industrie ?

Pas du tout. J’avais un bac+3 en défense aérienne que j’avais obtenu en Tunisie, avec l’armée. Lorsque je suis arrivée en France, je ne parlais pas très bien le français et je cherchais juste un travail. Le Pôle formation UIMM, m’a alors proposée une formation en métrologie, et j’ai passé une série de tests. Wabtec m’a recrutée. C’est là que tout a commencé.

Quels souvenirs gardez-vous de votre formation ?

Pour moi, l'industrie ne semblait pas être une voie idéale pour une femme. Mais le jour où j'ai franchi la porte du centre de formation, il y a un homme qui m'a dit “Termine tes tests. Va aux entretiens et tu commenceras peut-être à changer d'avis.” C’est ce que j’ai fait.

Et ce milieu vous a plu ?

Au départ, j’étais plutôt impressionnée. La barrière de la langue, les machines, les termes techniques, je ne connaissais rien. Mais j’étais curieuse. Je me disais “Pourquoi pas moi ?”. Tous les jours, j’apprenais quelque chose de nouveau. J’ai aimé de plus en plus.

Et vous avez évolué de poste en poste.

Oui. J’ai été métrologue, puis j’ai fait une licence professionnelle en métrologie mécanique. Plus tard, j’ai intégré le service qualité. Mais pour aller plus loin, on m’a dit qu’il me fallait un diplôme d’ingénieur. Alors, je suis repartie à l’école, au CNAM. J’ai validé un diplôme d’ingénieure en mécanique, spécialité structure. À l’époque, j’étais maman solo. C’était dur, mais je n’ai jamais lâché.

Où avez-vous trouvé votre motivation ?

J’ai toujours eu du soutien. Chez Wabtec ils m’ont fait confiance, même quand je n’avais pas encore de diplôme. Pendant toute ma carrière, j’ai eu des personnes qui m’ont encouragée même quand je doutais. Et lorsque des gens me disaient “non”, cela me donnait encore plus de force. Je voulais prouver que j’étais capable, même sans diplôme au départ. Après, je suis allée chercher mes diplômes, les uns après les autres.

Vous êtes-vous sentie jugée ?

Parfois, oui. Je suis une femme étrangère et j’évolue dans un secteur très masculin. Certains m’ont dit “Tu ne connais rien à la fonderie” ou même “Rentre chez toi”. Mais j’ai vite appris à filtrer. Le soir, j’oubliais ces commentaires et le lendemain, je repartais. Je me levais tous les jours en me disant “OK, parfois c’est dur, parfois c’est fatigant mais je vais y arriver.” Je n’ai jamais rien lâché et j’y suis arrivée.

"Tous les jours, j’apprenais quelque chose de nouveau."

"Pendant toute ma carrière, j’ai eu des personnes qui m’ont encouragée."

Au point d’avoir aujourd’hui de belles responsabilités.

Oui. Je suis acheteuse technique. Je gère le panel forge, fonderie et intégrateurs.

Et vous y êtes parvenue sans déstabiliser votre vie familiale ?

Oui, j’ai trouvé un équilibre. Il n’est peut-être pas parfait mais je me suis organisée. Avec mon mari, on se coordonne, on planifie tout pour les enfants. Et puis, j’ai des chefs compréhensifs. Sans ça, je ne pourrais pas accepter les déplacements que mon métier exige.

Où voyagez-vous ?

En Macédoine, en Serbie et bien sûr en France.

Pour en revenir à vous et votre famille, qu’est-ce que ce métier vous a apporté ?

De la stabilité. Mes enfants me voient construire quelque chose. Chaque année, ils peuvent aller en Tunisie et passer de bons moments avec leurs grands-parents. J’ai gagné un confort de vie pour ma famille. J’ai mené ma carrière pour moi et pour mes enfants.

Et si c’était à refaire ?

Je referais tout. Peut-être avec un peu plus de douceur pour moi-même. Mais je ne changerais rien. Parce que j’ai grandi, j’ai appris, j’ai avancé. Aujourd’hui, quand je monte dans un TGV, je dis à ma fille “Regarde, c’est fait par nous.” J’en suis fière et heureuse.

"Quand je monte dans un TGV, je dis à ma fille “Regarde, c’est fait par nous.” J’en suis fière et heureuse."