Lolita
Mouleuse opérationnelle

Lolita avait 15 jours pour trouver un emploi. Venue de la mécanique, elle a découvert la fonderie grâce à une semaine de stage. Aujourd’hui, elle s’épanouit. Entre sable, précision et entraide, elle aime la diversité de son métier et la liberté qu’il lui offre.

“Ici, je peux être moi-même. Je travaille à l’instinct.”
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Lolita
Mouleuse opérationnelle
“Ici, je peux être moi-même. Je travaille à l’instinct.”

Lolita avait 15 jours pour trouver un emploi. Venue de la mécanique, elle a découvert la fonderie grâce à une semaine de stage. Aujourd’hui, elle s’épanouit. Entre sable, précision et entraide, elle aime la diversité de son métier et la liberté qu’il lui offre.

Qui est Lolita ?

• Elle a débuté comme mécanicienne avant de s’orienter vers la fonderie.

• Elle est mouleuse opérationnelle depuis 4 ans chez Ferry Capitain, une entreprise familiale qui a presque 200 ans.

• Elle travaille dans une équipe 100 % masculine… sans se sentir différente.

• Son point fort : s’adapter, apprendre, et toujours garder le sourire.

• Son état d’esprit ? “Si tu as besoin d’aide, on t’aide. Ce n’est pas un monde fermé.”

Mouleuse professionnelle, en quoi consiste ce métier ?

On reçoit des modèles en polystyrène. Avec ça, on fabrique une empreinte en sable, un peu comme des châteaux que l’on fait à la plage. On travaille le moule, on y ajoute des pavés, des refroidisseurs. Ensuite, le métal est coulé dedans. C’est technique. Cependant, moi je travaille beaucoup à l’instinct. Je ne saurais pas tout expliquer, mais je sais le faire.

Tu travaillais déjà dans l’industrie ?

Oui et non. J’étais mécanicienne. J’avais fait mon apprentissage, j’avais tous mes outils, mais la promesse d’embauche n’a pas été tenue. À ce moment-là, France travail m’a dit : “Vous avez quinze jours pour trouver un poste”. J’ai regardé autour de chez moi. J’ai identifié Ferry Capitain, j’ai appelé et envoyé mon CV. Ils m’ont proposé un stage d’une semaine pour tester. Et ça m’a plu. Ensuite, j’ai fait un CQPM (Certificat de Qualification Paritaire de la Métallurgie) et j’ai été embauchée.

Qu’est-ce qui t’a tant plu dans ce métier ?

La diversité. En mécanique, ce sont souvent les mêmes gestes : vidange, pneus, etc. Là, à la fonderie, c’est toujours différent. Un jour, je mets le sable. Le lendemain, les refroidisseurs. Un autre jour, je peins. Les jours de la semaine ne sont jamais les mêmes. Et dans une même journée, je peux faire vingt choses différentes. Et ça, j’adore.

Comment s’est déroulé ton apprentissage ?

J’étais en entreprise trois semaines sur quatre, et une semaine à l’école. Le CQPM a duré un an. C’est un super système, surtout pour les jeunes. On apprend sur place, on prend confiance en soi. Et aujourd’hui, j’ai aussi passé le permis pont. Je suis pontière, je déplace les charges. Et si un jour le moulage ne me plaît plus, je peux aller à la fusion ou aux méthodes… Ce n’est jamais figé.

Tu es la seule femme dans ton secteur. Comment l’as-tu vécu ?

Bien. Je suis là depuis 4-5 ans. On est soudés, on travaille en binôme, on s’aide dès que c’est nécessaire Parfois, il faut soulever des charges lourdes, et là j’ai toujours du renfort. Le reste du temps, je fais comme les autres. Mon chef est mon cousin, mais au travail il ne fait pas de différence. Au contraire, il serait même plus exigeant avec moi !

Comment envisages-tu ton avenir ?

J’aime bien mon travail, l’équipe, l’ambiance. Ici, il y a des possibilités d’évolution. Si demain j’ai envie d’évoluer, je sais que ce sera possible. J’ai envie de rester dans l’industrie. C’est mon premier poste à temps plein, avec une vraie reconnaissance. Avant, j’étais à mi-temps ou en apprentissage. Ici, je gagne ma vie, je suis autonome.

"Et dans une même journée, je peux faire vingt choses différentes. Et ça, j’adore. "

"J’aime bien mon travail, l’équipe, l’ambiance. Ici, il y a des possibilités d’évolution."

Et comment s’organise ta vie personnelle ?

Je travaille en 2x8. Donc j’ai des plages horaires libres. Quand je suis du matin, j’ai mes après-midis. Et l’inverse quand je suis de l’après-midi. Ce métier me laisse du temps pour moi. J’ai deux chiens, deux chevaux… et un petit poulain depuis peu ! Il me prend du temps, mais ça aussi, j’adore.

Que dirais-tu à une jeune fille de ton âge qui voudrait travailler dans l’industrie ?

Qu’elle vienne essayer. Qu’elle ose ! Ici, si tu as besoin d’aide, on t’aide. On travaille dans une bonne ambiance, on peut parler de tout, rire de tout. Je peux être moi-même. Ce n’est pas un monde fermé. Et puis, moi, je les aime bien mes collègues hommes.