Morgane
Experte méthodes industrialisation

Morgane voulait être contrôleuse aérienne mais, finalement, elle a préféré garder les pieds sur terre pour faire bouger les lignes. Elle a tracé sa route avec méthode (c’est son métier) et détermination (c’est son caractère). Aujourd’hui, elle fait avancer des projets complexes avec une idée simple : écouter, améliorer et réussir ensemble.

“Je ne me suis jamais dit que ça serait compliqué d’être une femme.”
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Morgane
Experte méthodes industrialisation
“Je ne me suis jamais dit que ça serait compliqué d’être une femme.”

Morgane voulait être contrôleuse aérienne mais, finalement, elle a préféré garder les pieds sur terre pour faire bouger les lignes. Elle a tracé sa route avec méthode (c’est son métier) et détermination (c’est son caractère). Aujourd’hui, elle fait avancer des projets complexes avec une idée simple : écouter, améliorer et réussir ensemble.

Qui est Morgane ?

• Elle a débuté dans une PME familiale avant de rejoindre Procter & Gamble puis Merck où elle travaille aujourd’hui.

• Elle collabore avec tous les services pour concevoir et améliorer des lignes de production.

• Elle pilote des projets techniques allant jusqu’à 1 million d’euros.

• Elle est la seule femme cheffe de projet de son service mais elle tient à ouvrir la voie à d’autres.

• Son état d’esprit ? “Ma détermination m’a aidé à surpasser les difficultés. Et je suis fière de mon parcours.”

Pourquoi avoir choisi l’industrie ?

Lorsque j’ai eu mon bac, je voulais devenir contrôleuse aérienne. Mais, après un an de prépa, j’ai préféré intégrer l’EPF, une école d’ingénieurs fondée par une femme en 1925, une époque où ces enseignements étaient généralement interdits ou limités pour les femmes.
J’ai fait des stages chez L’Oréal, puis, après mes études, j’ai été recrutée par une PME familiale et parisienne qui élaborait des produits très technologiques. Ensuite, j’ai rejoint Procter & Gamble à Sarreguemines avant d’intégrer Merck, en périphérie de Strasbourg.

En quoi consiste votre métier ?

Je crée et développe des projets pour perfectionner nos lignes de production, J’écris les cahiers des charges, je pilote les fournisseurs, je mobilise tous les services de l’usine. Mon rôle, c’est de garder de la hauteur et anticiper. Ce que j’aime, c’est la variété de mes projets et la diversité des personnes avec qui je travaille.

Vous managez une équipe ?

Non mais je travaille avec de nombreux services de l’entreprise. C’est ce qu’on appelle le management transversal. Je ne donne pas d’ordres, on construit ensemble et c’est très enrichissant.

Vous êtes dédiée à un projet ?

Non, j’en mène 4 ou 5 de front. Tous différents et avec des équipes toujours différentes.

Ça ne vous a jamais inquiété d’intégrer un milieu plutôt masculin ?

Non, je n’y ai même jamais pensé. À l’EPF, notre promotion réunissait 30 à 40% de femmes et j’ai toujours intégré des entreprises où les femmes étaient bien représentées. Je ne me suis jamais dit que ça serait compliqué d’être une femme. Cependant, j’ai toujours privilégié les entreprises qui favorisaient la mixité.

Avez-vous connu des moments difficiles ?

Oui, c’était plutôt de l’acharnement à devoir prouver mes qualités. Avec le recul, je me rends compte que, parfois, j’ai dû prouver deux fois plus que mes collègues masculins.
Maintenant, je n’ai jamais attribué mes difficultés au fait d’être une femme et, chez Merck, je me sens à ma place. On est accepté pour nos compétences, nos atouts et notre caractère. Aujourd’hui, je suis la seule femme cheffe de projet méthodes mais j’espère que cela va changer. Et j’agis pour ça.

"Mon rôle, c’est de garder de la hauteur et anticiper."

"J’ai toujours privilégié les entreprises qui favorisaient la mixité."

Comment ça ?

J’ai rejoint le réseau Women in Leadership, pour rencontrer d’autres femmes chez Merck et, peut-être, aussi en accompagner. Chez Merck, notre PDG actuelle est une femme et sur le site où je travaille, c’est aussi une femme qui dirige. Cela reste encore un peu exceptionnel mais ça change.

Comment conciliez-vous vie pro et vie perso ?

Je travaille à 80 % car je souhaite consacrer une journée par semaine à mon fils. J’avais envie d’avoir une famille mais je ne voulais pas sacrifier ma vie pro. Mon rythme est intense mais j’ai du temps pour mes loisirs : faire de la moto, faire du sport avec une coach et d’autres femmes. Ça aussi, c’est un moment de partage.

Comment qualifieriez-vous votre vie ?

Je m’épanouis dans l’industrie. Oui, je m’épanouis complètement. Bien sûr, j’ai connu des difficultés dans mes études, ma vie pro ou perso mais je me suis toujours relevée. J’ai eu de la détermination, je me suis donné les moyens d’être là aujourd’hui. Et ça aussi, je veux le dire à une jeune fille qui s’interroge : “Tu dois avoir confiance en toi et en tes souhaits. Ne crains jamais de te faire aider ou d’être accompagnée, c’est important.”

"Ne crains jamais de te faire aider ou d’être accompagnée, c’est important.”