Sophie
Cheffe d’entreprise

La vie professionnelle de Sophie est marquée par la constance et la fidélité. Constance parce que, dès son plus jeune âge, elle aimait bricoler et “comprendre comment ça marche”. Cette curiosité ne l’a jamais quittée. Fidèle parce que, depuis 25 ans, elle travaille pour l’entreprise française BIC, en France puis au Brésil avant de revenir en France.

“Je ne me suis jamais dit que l’industrie était interdite aux filles.”
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Sophie
Cheffe d’entreprise
“Je ne me suis jamais dit que l’industrie était interdite aux filles.”

La vie professionnelle de Sophie est marquée par la constance et la fidélité. Constance parce que, dès son plus jeune âge, elle aimait bricoler et “comprendre comment ça marche”. Cette curiosité ne l’a jamais quittée. Fidèle parce que, depuis 25 ans, elle travaille pour l’entreprise française BIC, en France puis au Brésil avant de revenir en France.

Qui est Sophie ?

• Sophie dirige aujourd’hui le site de production où elle a commencé… comme stagiaire en 2001.

• Entre-temps, elle a vécu et travaillé 15 années au Brésil.

• Elle a notamment dirigé l’entité de fabrication de rasoirs dans l’usine de Manaus, au milieu de la forêt amazonienne.

• Elle manage une équipe d’environ 200 personnes (dont près de 50 % de femmes) qui produisent chaque jour près de 3 millions de rasoirs.

Son état d’esprit : “Les femmes ont leur place dans l’industrie. Il faut juste qu’elles se lancent.”

Votre carrière a débuté à Compiègne et vous ramène 20 ans plus tard tout près de Compiègne. Entre-temps, il y a eu une longue parenthèse brésilienne.

Oui, après mon DUT en génie mécanique et productique, j’ai intégré l’UTC (Université de Technologie de Compiègne). Ensuite, j’ai commencé chez BIC comme stagiaire avant de partir au Brésil en VIE (Volontariat International en Entreprise). J’y suis restée et j’ai évolué là-bas pendant 15 ans. J’ai notamment été responsable de toute l’entité fabrication de rasoirs de notre usine de Manaus, une ville majeure du Nord-Ouest du Brésil. En 2016, je suis revenue en France parce que mon mari a été muté. Je suis revenue à mon usine d’origine à Longueuil-Sainte-Marie(Oise) et j’ai continué d’évoluer.

Au point d’en devenir la directrice en 2023.

Oui, c’est un site important. Il est entièrement dédié à la fabrication des rasoirs. Chaque jour, nous en produisons près de 3 millions dont 90% sont vendus hors de France.

D’où vient votre goût continu pour l’industrie ?

J’ai toujours aimé cet univers. Enfant, j'étais souvent en train de bricoler. J’aimais la mécanique, démonter les objets, comprendre comment ça fonctionne. Tout naturellement, j’ai voulu faire des études dans cet univers et l’industrie est arrivée comme une suite logique dans ma vie.

Vous avez donc évolué dans des univers fortement masculins ?

Oui, c’est vrai. Au lycée, j’étais la seule fille dans ma classe. En DUT, nous étions 5 sur 80. Mais je ne me suis jamais dit que l’industrie, ce n’était pas pour moi ou que ce n’était pas pour les filles. J’ai toujours pensé que les femmes sont aussi compétentes que les hommes.

Le Brésil occupe une place importante dans votre parcours. Pouvez-vous nous raconter comment vous l’avez vécue ?

Au début, ce n’était pas simple. J’étais une jeune femme de 25 ans qui arrivait au sein d’une équipe d’hommes, plutôt machos et installés depuis longtemps. Venir expliquer à des anciens comment travailler, c’est un petit défi. Mais, finalement, ça se surmonte si on arrive à discuter et à écouter. La communication, c’est essentiel. C’est comme ça que j’ai réussi à gagner la confiance des équipes et à faire ma place.

Vous voilà maintenant à la tête d’une usine en France. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Tout d’abord, je suis heureuse et fière de maintenir une usine en France. Ce n’est pas simple, il nous faut rester compétitif. Mais on y arrive. C’est une vraie satisfaction de produire en France et de voir nos rasoirs se vendre massivement à l’étranger.

"L’industrie est arrivée comme une suite logique dans ma vie."

"Tout d’abord, je suis heureuse et fière de maintenir une usine en France."

Votre carrière semble accomplie. Avez-vous fait des sacrifices ?

Pas vraiment des sacrifices, j’ai fait des choix. Quand on vit avec quelqu'un, on est obligé de faire des choix qui conviennent au mieux pour les deux. Personnellement, je ne serais pas revenue en France, mais c'était une opportunité pour mon mari. Pour moi, c’était une sorte de pas en arrière. Mais aujourd'hui j'ai réussi à refaire des pas en avant. (sourire)

Qu’est-ce qui vous motive à témoigner aujourd’hui ?

Ce n’est pas le genre d’exercice dans lequel je suis à l’aise. Mais on a besoin de plus de femmes dans l’industrie. Le problème, c’est qu’on manque de femmes dans les écoles. Si on n’en a pas dans les écoles, on n’en aura pas dans les usines. Les filles doivent se dire que les métiers techniques, c’est aussi pour elles. Elles doivent croire en elles. C’est une question de confiance. Pas de compétence.

"Les filles doivent se dire que les métiers techniques, c’est aussi pour elles."